Les présidents des branches régionales de la Fédération marocaine des éditeurs de journaux ont rejeté le projet du ministère de la Communication relatif au soutien régional à la presse, le qualifiant de démarche provocatrice et rétrograde qui marginalise la presse régionale et dégage le gouvernement de ses engagements envers ce secteur.
Lors d’une réunion consultative présidée par le président de la fédération et des membres du bureau exécutif, les participants ont débattu des évolutions du nouveau système d’aide publique à la presse. Ils ont particulièrement critiqué l’initiative du ministère visant à « signer une convention de partenariat pour le soutien à la presse régionale avec les conseils régionaux », jugée unilatérale et non concertée.
Dans un communiqué, les présidents des branches régionales ont exprimé leur mécontentement face à l’exclusion de la fédération des discussions, bien qu’elle soit l’unique représentante de la presse régionale à l’échelle nationale. Ils ont dénoncé une violation du principe de concertation inscrit dans la Constitution marocaine.
Ils ont également fustigé le manque de clarté des termes de l’accord proposé aux conseils régionaux, générant confusion et blocages dans la prise de décisions. Selon eux, cette approche risque d’écarter la presse régionale du soutien public, malgré son rôle essentiel dans le paysage médiatique national.
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Le communiqué rappelle que la fédération avait signé des conventions fructueuses avec certaines régions comme Tanger, Dakhla et Agadir, mais que le ministre de la Communication a entravé leur mise en œuvre pour des raisons jugées bureaucratiques et infondées. Ils dénoncent la récupération par le ministère de leur projet, réintroduit avec des conditions contraignantes servant des intérêts électoraux, ainsi que les montants dérisoires proposés pour le soutien régional, inférieurs même aux aides forfaitaires octroyées à certaines entreprises de presse régionales.
Les éditeurs régionaux s’inquiètent aussi des critères marketing imposés par les conseils régionaux comme condition d’accès aux aides, craignant que la presse ne devienne un simple outil de propagande, mettant en péril la liberté et la pluralité de l’information.
Enfin, ils exhortent les conseils régionaux à ne pas se précipiter dans l’adoption du projet et demandent au gouvernement de respecter ses obligations légales et financières envers la presse régionale. Ils plaident également pour la reconnaissance des entreprises de presse locales comme un acteur économique à part entière, nécessitant un soutien pour sa contribution au développement et à la création d’emplois.
Ils dénoncent par ailleurs la complexité des procédures de renouvellement de la carte de presse professionnelle, jugées bureaucratiques et infondées légalement, constituant un frein à la pérennité des entreprises de presse.
En conclusion, les éditeurs régionaux estiment que les décisions unilatérales du ministère de la Communication manquent de légitimité et ne permettront pas une véritable réforme du secteur. Ils appellent donc le gouvernement à rectifier le tir et à ouvrir un dialogue sérieux et responsable, en accélérant l’organisation des élections du Conseil national de la presse conformément à la loi en vigueur.