Des rapports récemment publiés par des magistrats du Conseil régional des comptes de Casablanca-Settat ont mis en lumière des cas préoccupants d’enrichissement injustifié impliquant des fonctionnaires et élus locaux, actuels et anciens. Ces individus auraient accumulé des fortunes considérables durant leurs mandats, en violation des règles de déclaration obligatoire du patrimoine.
Selon les éléments recueillis, plusieurs fonctionnaires appartenant à des catégories administratives moyennes voire inférieures possèdent des biens immobiliers de luxe, des projets commerciaux et des véhicules haut de gamme sans corrélation apparente avec leurs revenus mensuels, soulevant ainsi des soupçons sur l’origine des fonds.
Parmi les cas recensés : une technicienne du service fiscal d’une commune de la province de Berrechid en train de construire une villa luxueuse dans la même zone, tout en finançant les études de sa fille dans une école européenne. Elle est par ailleurs apparentée à un promoteur immobilier disposant de plus de dix agences de transfert d’argent. Autre exemple : un technicien communal de la région possédant une villa avec vue sur mer près de Rabat, ou encore des fonctionnaires disposant de stations-service enregistrées au nom de leurs conjoints et enfants.
Ces révélations interviennent alors que le Conseil supérieur des comptes a lancé une campagne nationale de renouvellement des déclarations de patrimoine, conformément à la loi 54.06.
Des sanctions imminentes, allant jusqu’à la suspension ou la révocation, pourraient frapper plusieurs responsables locaux, en fonction des irrégularités révélées par les audits financiers et de gestion réalisés par les conseils régionaux et l’Inspection générale de l’administration territoriale.

